Doubs Agricole 25 - page 4

À
l’instar d’un comté de garde qui
se bonifie avec le temps, la
fruitière de la Haute-Combe est
le fruit d’une longue et bénéfique gestation.
Difficulté à trouver du terrain, parcours
du combattant administratif, association
de trois partenaires qui, s’ils avaient
l’habitude de travailler ensemble, n’étaient
jamais allés aussi loin dans la démarche.
Les obstacles étaient nombreux.
Mais tous les acteurs avaient
la conviction d’un avenir plus
confortable en misant sur un
outil de travail moderne. La
fruitière du berceau du comté
réunit 11 sociétaires dans une
coopérative en vente de lait.
Il en existe une vingtaine de ce type dans
la filière comté.
“On travaille depuis
plus de trente ans avec la fromagerie
Philippe qui exploite avec son personnel
nos ateliers à Septfontaine et Déservillers”
,
indique Florent Gauthey, le président de
cette coopérative à 3,8 millions de litres
de lait annuels. Ce qui la situe dans la
moyenne des ateliers à comté.
De son côté, le fromager de Bannans qui
a d’autres points de transformation
fonctionne depuis toujours avec lamaison
d’affinage Arnaud. Cette triple entente
est donc ancrée sur de solides fondations
historiques. Côté rationalisation, c’est
un peu plus dispersé.
“Les ateliers
existants arrivent à saturation par rapport
au développement de la fromagerie
Philippe. Il faudrait tôt ou tard
entreprendre des travaux de rénovation
et de mise aux normes”
, poursuit Florent
Gauthey.
Confortés par la bonne santé des A.O.C.
fromagères du massif jurassien, les trois
partenaires ont finalement décidé d’investir
en commun dans la réalisation d’un atelier
de transformation. Les collectivités ont
joué le jeu. Septfontaine met
à disposition un terrain
communal de 2 hectares situé
du côté du circuit de l’Enclos
près de la R.D. 72. Les engins
de chantier sont à pied
d’œuvre. Le site étant à l’écart
de toute construction, il a fallu acheminer
l’eau depuis Levier. Pas de riverain, moins
de nuisances sonores. La proximité avec
la départementale facilite aussi les accès
pour le transport.
Ce projet a aussi nécessité des
changements d’affectation sur le plan
cadastral. Ils ont été pris en compte dans
la révision du P.L.U. menée à Septfontaine.
Tout est désormais en ordre. Producteurs,
fromager et affineur sont maintenant
regroupés au sein de la S.A.S. “La fruitière
de laHaute-Combe”, présidée par Claude
Philippe.
“Le bâtiment s’étendra sur près
2 000 m
2
. Il comprendra trois ateliers à
comté, morbier et mont d’or.”
L’outil est conçu pour transformer
10millions de litres de lait. Soit beaucoup
plus que les 3,8 millions de litres des
producteurs. La S.A.S. apportera le
complément en accord avec d’autres
coopératives et producteurs individuels
avec lesquels Claude Philippe travaille
déjà. Le comté qui sortira de l’atelier de
la Haute-Combe sera bien sûr toujours
affiné chez Arnaud.
“On gérera sur place
l’affinage du morbier et des pâtes molles
dont celle dumont d’or.”
Le site englobera
d’autres locaux : administratifs ou dédiés
aux expéditions, sans oublier le point
de vente. Un chantier à 10millions d’euros
pour une inauguration prévue au
printemps 2015.
o
S e p t f o n t a i n e
Fruitière de la Haute-Combe :
la fromagerie trois en un
Ce projet de longue
haleine se distingue car
il associe dans un même
projet des producteurs,
un fromager et l’affineur.
Il abritera trois ateliers
pour trois productions
en comté, morbier et
mont d’or.
A C T U A L I T É
4
Inauguration
prévue au
printemps
2015.
“Le bâtiment s’étendra sur près 2 000 m
2
. Il comprendra trois
ateliers à comté, morbier et mont d’or”, indique Florent Gauthey
qui préside la fruitière le berceau du comté.
C’
est une tradition séculaire qui
va disparaître de la capitale
du Haut-Doubs où l’on
fabriquait du comté depuis plus de 150
ans. L’arrêt de l’atelier ne signifie pas
pour autant la fermeture du Chalet
puisque le magasin fera l’objet d’un
projet d’agrandissement. Cette perspective
est d’ailleurs liée au transfert de la
production à Doubs. De quoi rassurer
la clientèle pontissalienne encore très
attachée à cette boutique.
La fusion entre les deux fruitières n’est
que l’aboutissement d’un scénario engagé
depuis plusieurs années.
“Ce
rapprochement, c’est d’abord une histoire
d’hommes qui avaient envie de travailler
ensemble. On collabore déjà depuis 6
ou 7 ans en échangeant des produits
entre nos magasins respectifs, en se
dépannant avec les camions de ramassage.
On répond aussi à leur demande quand
ils ont besoin de lait lors des pics de
production de mont d’or. Bref, on ne
part pas de rien”
, indique Philippe
Jeanningros, l’ancien président du Chalet
aujourd’hui vice-président de la nouvelle
coop issue de la fusion.
Pas de rivalité donc, mais une
complémentarité doublée d’une proximité
entre des producteurs qui se connaissent
bien. Si Doubs dispose d’un outil de
travail moderne et évolutif, il n’en va
pas de même pour le Chalet qui se situe
à la croisée des chemins par rapport à
la vétusté du matériel.
“Ce serait un
non-sens économique de réinvestir dans
la modernité d’un atelier coincé au
centre-ville. On a préféré prendre les
devants en s’engageant dans
cette fusion. Cela prend un
certain temps. On a mis 18
mois pour régler les questions
juridiques.”
La nouvelle coop qui en
résulte rassemble 35 exploitations et 55
producteurs. Pontarlier apporte dans la
corbeille 2,2 millions de litres de lait.
Ce qui donne au final une fruitière à
8 millions de litres de lait qui emploie
15 permanents et une trentaine de
saisonniers pour la campagne du mont
d’or. Les deux magasins sont maintenus
avec le personnel afférent.
Continuité aussi au niveau des maisons
d’affinage, à savoir le groupe L’Ermitage
qui bonifiait les comtés de Doubs et
l’U.C.A.F.T. pour le Chalet de Pontarlier.
Pascal Droz-Vincent a été réélu à la tête
de la nouvelle coop de Doubs.
Il reste encore à finaliser le transfert de
la production avant de réaliser l’extension
du magasin de Pontarlier.
“On va se positionner sur
l’e-commerce en association
avec d’autres partenaires. Je
pense notamment au futur
drive fermier de l’école
Jeanne d’Arc. Avec le regroupement, on
dispose d’un joli plateau de fromages à
base de comté, mont d’or assorti des
pâtes molles comme l’Arlier, le Rondey
ou le Champi.”
Autre intérêt de cette fusion, Philippe
Jeanningros estime qu’elle a permis
d’éviter l’éparpillement des producteurs
qui aurait résulté d’une éventuelle
fermeture du Chalet. L’esprit coopératif
perdure.
o
P o n t a r l i e r
D’ici quelques mois, il n’y aura plus de fabrication
fromagère au “Chalet” de Pontarlier quand l’activité
sera totalement transférée à la fruitière de Doubs.
Une fusion anticipée et non forcée.
Les coops de Pontarlier et de Doubs fusionnent
Éviter
l’éparpillement
des producteurs.
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